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Glowee, une incroyable aventure
Designer de formation, Sandra Rey a découvert la bioluminescence lors de sa dernière année d’études. De ce projet est né Glowee, ingénieuse start-up qui produit de la lumière sans électricité grâce aux réactions chimiques naturellement présentes dans la nature.

Glowee utilise et développe un système de lumière biologique, comment est né ce concept et dans quel but ?

Sandra Rey : En dernière année d’école de design industriel, j’ai participé à un concours sur la biologie synthétique qui m’a amené à faire des recherches sur la lumière. Nous sommes tombés sur une vidéo présentant des poissons des abysses bioluminescents et là nous nous sommes interrogés : si eux sont capables de produire de la lumière et si nous pouvons coder l’ADN permettant de le faire alors peut-être était-ce une solution à beaucoup de problèmes économiques, écologiques et solidaires ? Notamment parce qu’à cette période, en 2013, beaucoup de questions se posaient sur l’éclairage des vitrines de magasins la nuit. Ce type d’initiatives pouvait devenir une alternative, une solution intelligente pour les commerçants afin de limiter dans le même temps leur consommation énergétique et la pollution visuelle.

Comment marche la bioluminescence ? 

C’est une réaction chimique régie par des gènes. Elle est présente dans énormément d’organismes vivants comme les lucioles, les champignons et 80 % des animaux marins. Dans la nature, la bioluminescence sert à communiquer, à attirer des proies, à se reproduire… C’est un phénomène qui a très vite été utilisé par l’homme. En Amérique du Sud, certaines populations utilisaient des insectes luminescents pour éloigner les serpents et éclairer leurs maisons. Les avions de chasse repéraient aussi les porte-avions grâce à leurs traînées luminescentes et en laboratoire, on l’utilise depuis 30 ans pour le marquage génétique.

Où en est Glowee aujourd’hui après un peu plus de trois ans d’existence ?

Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de personnes, dont les 2/3 sont des chercheurs, installés au Genopole d’Evry. Et même si la biotechnologie exige du temps et beaucoup de recherche et développement, nous avons voulu dès la première année travailler sur une technologie à base de bactéries permettant de créer de la lumière, de faible intensité mais stable sur plusieurs heures, plusieurs jours et maintenant presque une semaine. L’objectif : vendre ce dispositif pour l’événementiel, destinés à des installations éphémères. Nous le faisons depuis deux ans. Cela nous permet de présenter de manière pédagogique cette lumière vraiment unique dans une scénographie immersive. Mais aussi de tester des choses, d’expliquer comment cela fonctionne, ce qui pourrait changer, de montrer à nos clients et à différents secteurs d’activités les différentes possibilités d’usages. Nous avons travaillé pour un marché de Noël à Arpajon, un hackaton avec Vinci Energie, réalisé une installation pour Accor…

Comment décrire cette lumière produite par bioluminescence ?

Elle est très belle ! Beaucoup plus douce. Assez hypnotique, apaisante. Certains visiteurs restent en contemplation pendant 15 mn, ça n’arriverait jamais avec une ampoule incandescente ! C’est un peu magique. C’est un milieu vivant, la maintenance sert à nourrir les organismes vivants, par exemple des déchets, tout en évacuant les organismes morts qui peuvent être revalorisés en biomasse. C’est un cycle, comme dans la nature. Avec Glowee, on ne veut pas changer toutes les lumières du monde mais accéder à une lumière plus juste et plus vertueuse. Il y a des endroits où les leds ont tout leur intérêt et d’autres, par exemple dans des villes en création, en Chine ou dans les Emirats, où la bioluminescence pourrait être intégrée dès le départ. C’est ce mix énergétique qui aura de l’impact dans les prochaines années.

On ne veut pas changer toutes les lumières du monde mais accéder à une lumière plus juste et plus vertueuse
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